Depuis le 1er janvier 2015, pour leur formation, vos collaborateurs doivent utiliser le compte personnel de formation (CPF). Comment fonctionne ce compte ? A quoi sert-il ? Comment peut-il être utilisé ? Et comment est-il financé ?

Compte personnel de formation : pour qui, pour quoi, comment ?

Dans « compte personnel de formation », il y a « personnel »… A la différence du droit individuel à la formation (DIF) qui est attaché au contrat, le compte personnel de formation (CPF) est un ensemble de droits attribués à toute personne active destinés à la formation professionnelle. Concrètement, ce dispositif va permettre d’accumuler des droits de formation au bénéfice du titulaire du compte.

Qui peut en bénéficier ? Ce compte est géré par la Caisse des dépôts et consignations. Il est attribué à toutes les personnes engagées dans la vie active, dès 16 ans, et perdure jusqu’à leur départ à la retraite. Sont, bien sûr, concernés au premier chef les salariés, mais sachez qu’il a vocation à bénéficier également aux demandeurs d’emploi et aux jeunes sortis du système scolaire.

          Le saviez-vous ?

Par dérogation au seuil d’âge de 16 ans, un compte personnel de formation est ouvert dès l’âge de 15 ans pour le jeune qui signe un contrat d’apprentissage.

A quoi sert ce compte ? Il a pour objet de permettre à toute personne bénéficiaire d’un CPF de financer des formations tout au long de sa vie professionnelle. Le CPF est comptabilisé en euros représentant des droits à formation, dont l’initiative de l’utilisation revient au salarié.

Pour quelles formations ? Le CPF a pour objectif d’acquérir un socle de connaissances et de compétences ou d’assurer un accompagnement dans le cadre de la validation des acquis de l’expérience (VAE), ou encore de poursuivre des formations sanctionnées par un diplôme, un titre professionnel, une habilitation ou un certificat de qualification professionnelle. La Loi limite toutefois les formations pouvant être financées au titre du CPF aux formations présentes sur des listes établies par des commissions paritaires (nationales et régionales) et de branche. Ces listes sont consultables sur le site de la CNCP (Commission Nationale de la Certification Professionnelle – www.cncp.fr) et sur le site internet dédié au CPF (www.moncompteformation.gouv.fr) et sur le site dédié au compte personnel d’activité (www.moncompteactivité.gouv.fr).

Apprendre à conduire avec le CPF ? Il est désormais possible de passer son permis de conduire B (ou poids lourds, depuis le 1er janvier 2019) grâce aux heures disponibles sur son CPF. Les heures de formation peuvent être dédiées à la préparation à l’examen théorique du code de la route et à l’examen pratique du permis de conduire.Si l’objectif principal de cette mesure est d’ouvrir l’accès au permis à tous et de réduire les inégalités dues à son coût, grâce à la prise en charge financière des heures de code et de conduite, ce dispositif n’en demeure pas moins soumis à conditions. C’est ainsi que les examens du permis B mais également des permis C1, C, D1, D, C1E, CE, D1E et DE sont éligibles au CPF si :

l’obtention du permis de conduire contribue à la réalisation d’un projet professionnel ou à favoriser la sécurisation du parcours professionnel du titulaire du compte ;si le salarié ne fait pas l’objet d’une suspension de son permis de conduire ou d’une interdiction de solliciter un permis de conduire (cette obligation est vérifiée par une attestation sur l’honneur de l’intéressé produite lors de la mobilisation de son CPF).

Conditions tenant à l’auto-école. Cette préparation ne peut être dispensée que par une auto-école agréée qui a procédé à la déclaration administrative (nécessairement effectuée par tous les opérateurs dispensateurs de formation).

A noter. Les dispositions concernant le permis sont également applicables aux travailleurs handicapés accueillis en Esat et aux travailleurs indépendants.

Créateurs/repreneurs d’entreprise. Le créateur/repreneur d’entreprise peut mobiliser son CPF en vue de suivre des actions de formation, d’accompagnement et de conseil réalisées dans le cadre du parcours de préformation et de préparation à la vie professionnelle. Ces actions doivent permettre l’acquisition de compétences liées à l’exercice de la fonction de chef d’entreprise concourant au démarrage, à la mise en œuvre et au développement du projet de création ou de reprise d’une entreprise et à la pérennisation de son activité.

          Le saviez-vous ?

Il faut rappeler que la VAE est ouverte à toute personne, quel que soit son âge, sa nationalité, son statut et son niveau de formation, justifiant d’au moins 3 ans d’expérience (professionnelle ou bénévole) en rapport direct avec la certification visée.

Acquérir un socle de compétences. Le socle de connaissances et de compétences précité, qui fait l’objet d’une certification, est constitué de l’ensemble des connaissances et des compétences qu’il est utile pour quelqu’un de maîtriser afin de favoriser l’accès à la formation professionnelle et à l’insertion professionnelle. Ce socle de connaissances et de compétences professionnelles comprend :

la communication en français,l’utilisation des règles de base de calcul et du raisonnement mathématique,l’utilisation des techniques usuelles de l’information et de la communication numérique,l’aptitude à travailler dans le cadre de règles définies d’un travail en équipe,l’aptitude à travailler en autonomie et à réaliser un objectif individuel,la capacité d’apprendre à apprendre tout au long de la vie,la maîtrise des gestes et postures et le respect des règles d’hygiène, de sécurité et environnementales élémentaires ;peuvent s’ajouter des modules complémentaires pour lutter contre l’illettrisme et favoriser l’accès à la qualification.

Se former pendant le temps de travail. Si le salarié entend utiliser les heures de formation dont il dispose pour se former pendant le temps de travail, il doit vous en faire la demande (a minima 60 jours « calendaires » – depuis le 1er janvier 2019 – avant le début de la formation, si la durée de la formation est inférieure à 6 mois, et 120 jours « calendaires » depuis le 1er janvier 2019 – avant, si elle est supérieure). Dans ce cas, votre accord est nécessaire sur le contenu et le calendrier de la formation. L’absence de réponse de votre part dans les 30 jours calendaires vaut acceptation.

A noter. Si la formation permet d’acquérir un socle de connaissances et de compétences ou un accompagnement à la VAE, ou encore dans des cas spécifiques prévus par un accord de branche, d’entreprise ou de groupe, votre accord ne porte que sur le calendrier de la formation (l’absence de réponse de votre part dans un délai de 30 jours vaut également acceptation).

Se former en dehors du temps de travail. Le salarié peut également utiliser ses heures pour suivre une formation en dehors de son temps de travail. Dans ce cas, votre accord n’est pas requis dans ce cas-là.

          Le saviez-vous ?

L’accord exprès de votre salarié est nécessaire pour mobiliser son CPF. Un refus de sa part de l’utiliser ne peut en aucun cas constituer une faute.

Des droits transférables ! Les droits à formation acquis au titre du CPF sont intégralement transférables, sans conditions, notamment en cas de changement de situation professionnelle ou de perte d’emploi. Ainsi, en cas de licenciement, les heures inscrites au CPF restent créditées sur le compte, y compris en cas de licenciement pour faute lourde. Le compte est, en pratique, fermé lorsque la personne est admise à faire valoir l’ensemble de ses droits à la retraite.

          Le saviez-vous ?

Le DIF a disparu au 1er janvier 2015. Mais les heures inscrites au compte personnel de formation peuvent encore être mobilisées, dès lors que le titulaire du CPF a enregistré ses droits au DIF sur le site https://www.moncompteformation.gouv.fr avant une date butoir fixée au 30 juin 2021.

Dernier sursis ? Notez qu’en raison d’une forte influence sur le site internet, le transfert de ces droits sur le CPF reste possible, de façon temporaire, au-delà du 30 juin 2021.

Compte personnel de formation : crédité en euros à partir du 1er janvier 2019 !

Un compte « alimenté » en euros. Depuis le 1er janvier 2019, le compte personnel de formation (CPF) est comptabilisé en euros et non plus en heures. Le montant des sommes à verser sur le CPF dépend du temps de travail du salarié. Le CPF du salarié, dont la durée de travail est au moins égale à 50 % de la durée légale (fixée à 1607 heures par an) ou conventionnelle de travail, est alimenté en fin d’année dans la limite d’un plafond dont la valeur ne peut excéder 10 × le montant qui doit être versé par l’employeur.

Un site Web et une application mobile. Le site moncompteformation.gouv.fr et l’application mobile MonCompteFormation donnent à chacun un accès simple aux formations qui intéressent le salarié, qui correspondent à son budget. Ces outils permettent aussi de comparer les formations proposées, de s’inscrire et de payer directement en ligne.

Concrètement. Le CPF d’un salarié à temps complet ou à temps partiel d’au moins 50 % de la durée légale ou conventionnelle de travail est alimenté à hauteur de 500 € par an dans la limite d’un plafond total de 5 000 €. Pour évaluer le montant octroyé à un salarié au forfait jours sur l’année, la référence servant à l’alimentation du CPF est le nombre de jours mentionné dans l’accord collectif instaurant le forfait annuel, dans la limite de 218 jours. Concrètement, si l’accord collectif instaurant le forfait prévoit un forfait de 202 jours, les salariés concernés percevront 500 €.

Le saviez-vous ?

Le montant des droits inscrits sur le CPF doit être réévalué tous les 3 ans.

Pour les « petits » temps partiels. Pour le salarié dont la durée de travail serait inférieure à 50 % de la durée légale ou conventionnelle de travail, l’alimentation de son CPF serait proportionnelle à son temps de travail.

Une majoration pour les travailleurs handicapés. L’alimentation du CPF est majorée pour les travailleurs handicapés bénéficiant de l’obligation d’emploi. Le montant de cette majoration est fixé à 300 € par an. Le plafond du CPF est lui aussi rehaussé. Concrètement, désormais, le travailleur bénéficiant de l’obligation d’emploi recevra 800 € par an, dans la limite de 8 000 €.

CPF du salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Les salariés victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle peuvent bénéficier d’un abondement de leur CPF dès lors qu’ils sont atteints d’une incapacité permanente supérieure égale ou supérieure à 10 %. Le montant de cet abondement est fixé à 7 500 €. Son utilisation peut être fractionnée.

Alimentation du CPF du salarié non ou peu qualifié. S’il a travaillé au moins 50 % de la durée légale ou conventionnelle de travail, le CPF du salarié peu ou non-qualifié (s’il n’a pas atteint un diplôme de niveau 3, correspondant à un CAP ou à un BEP) est alimenté à hauteur de 800 € par an dans la limite d’un plafond total de 8 000 €. Néanmoins, cette majoration n’est pas automatique : le salarié doit la demander via le site www.moncompteformation.gouv.fr, éventuellement via son conseiller en évolution professionnelle. La majoration est effective à compter de l’alimentation du compte effectuée au titre de l’année au cours de laquelle il a déclaré remplir les conditions pour en bénéficier.

Des dérogations admises ? Il est possible de prévoir d’autres règles d’alimentation par accord collectif.

Abondement correctif. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si le salarié n’a pas bénéficié, avant l’entretien récapitulatif de sa carrière, des précédents entretiens professionnels et d’au moins une formation (autre que des formations d’adaptation au poste de travail), l’employeur devra abonder le CPF d’un montant plafonné à 6 fois le montant annuel « habituel » de l’alimentation (soit 3 000 €). Il s’agit là d’abondements supplémentaires qui ne sont pas pris en compte ni pour le calcul du montant des droits inscrits chaque année sur le CPF, ni pour le calcul du plafond du CPF. Toutefois, jusqu’au 31 décembre 2020, vous n’encourrez pas la sanction de l’abondement correctif si vous respectez les anciennes obligations (concrètement, si le salarié a bénéficié de tous les entretiens professionnels requis, ainsi qu’une progression salariale ou professionnelle, sans avoir bénéficié d’une formation).

Idem en cas d’accord de performance collective. Lorsqu’un salarié a refusé la modification de son contrat de travail résultant d’un accord de performance collective et fait, par conséquent, l’objet d’un licenciement pour cause réelle et sérieuse, l’employeur alimente son CPF à hauteur de 3 000 €. Il verse alors directement la somme correspondant à la Caisse des dépôts et consignations.

Cas des travailleurs saisonniers. Les salariés saisonniers, pour lesquels l’employeur s’engage à reconduire le contrat pour la saison suivante, peuvent bénéficier d’un abondement du CPF par accord de branche ou d’entreprise.

Mobilisation du compte. Le salarié qui souhaite suivre une formation sur son temps de travail doit obtenir l’accord préalable de son employeur. L’absence de réponse de ce dernier vaut acceptation. Les frais pédagogiques seront, en principe, pris en charge par la Caisse des dépôts et consignations.

Projet de transition professionnelle… La mobilisation du CPF permettra au salarié de changer de métier ou de profession dans le cadre d’un projet de transition professionnelle. Il faudra que soient identifiés ses acquis professionnels pour adapter la durée du parcours de formation proposé. Le salarié bénéficie d’un congé spécifique lorsqu’il suit cette action de formation en tout ou partie sur son temps de travail.

… sous conditions. Pour bénéficier d’un projet de transition professionnelle, le salarié doit justifier d’une ancienneté, à moins qu’il soit reconnu travailleur handicapé, qu’il ait été licencié pour motif économique ou pour inaptitude et qu’il n’ait pas suivi de formation entre le licenciement et le réemploi. Hors ces cas où la condition d’ancienneté ne s’applique pas, le salarié doit justifier d’une ancienneté, appréciée à la date de départ en formation, de :

24 mois (consécutifs ou non) en qualité de salarié, dont 12 mois dans l’entreprise, quelle que soit la nature de ses contrats de travail successifs (apprentissage, CDD, CDI, etc.) ;24 mois (consécutifs ou non) en qualité de salarié, quelle que soit la nature de ses contrats de travail successifs (apprentissage, CDD, CDI, etc.) au cours des 5 dernières années, dont 4 mois en CDD (hors apprentissage, contrat d’accompagnement dans l’emploi, contrat de professionnalisation, jobs d’été des jeunes en cursus scolaire ou universitaire et CDD poursuivi en CDI).

Les modalités du projet de transition professionnelle. La durée du projet de transition professionnelle est égale à la durée de la formation. L’absence liée à cette action de formation n’est pas imputable sur les congés payés et est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés et l’ancienneté. Pendant le projet de transition professionnelle, l’employeur devra garantir au salarié une rémunération minimale (qui sera déterminée Décret). Cette rémunération lui sera remboursée par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) dont le fonctionnement doit faire l’objet d’un futur Décret. Par exception, dans le cadre du projet de transition professionnelle, les frais pédagogiques sont pris en charge par cette CPIR, selon de modalités à déterminer par Décret.

Absences simultanées liées à la mobilisation du CPF. Notez que les salariés en contrat de professionnalisation ne sont pas pris en compte pour le calcul du nombre de salariés simultanément absents au titre des formations financées dans le cadre du CPF et des projets de transition professionnelle.

          Le saviez-vous ?

Le salarié sera tenu informé de ses droits crédités sur son compte en accédant au site www.moncompteformation.gouv.fr (une inscription préalable est nécessaire pour activer le compte personnel) ou au site www.moncompteactivite.gouv.fr. Ces sites donnent également des informations sur les formations éligibles et sur les abondements complémentaires susceptibles d’être sollicités.

Possibilité pour les employeurs de régulariser les droits CPF de leurs salariés ? Il existe désormais un service « Régularisation des droits Mon compte formation » à destination des employeurs, accessible via un espace dédié. Ce service leur permet de régulariser en ligne les droits CPF de leurs salariés. Dans ce cadre, ils peuvent consulter et corriger les éléments déclarés en DSN entrant dans le calcul des droits à la formation des salariés, notamment les périodes d’activité ou d’absence.

Pour en savoir plus… Un tutoriel vidéo est disponible afin de présenter le fonctionnement de ce nouveau dispositif.

Compte personnel de formation : un crédit de 150 heures maximum jusqu’au 1er janvier 2019 !

Un compte « alimenté » en heures de formation. En pratique, le compte personnel de formation est alimenté en heures de formation, une distinction étant faite selon le régime applicable aux salariés en fonction notamment de la durée du travail.

En pratique. Le compte personnel de formation est alimenté à partir des informations que vous effectuez dans le cadre des déclarations de vos données sociales (via la DADS, puis, à terme, la déclaration sociale nominative). Notez toutefois qu’il revient au salarié d’inscrire directement sur son compte le reliquat d’heures de DIF encore utilisables (en se connectant sur www.moncompteformation.gouv.fr).

Concrètement. Vos salariés acquièrent 24 heures par année de travail à temps complet jusqu’au plafond de 120 heures, puis 12 heures par an dans la limite globale de 150 heures. La définition du travail à temps complet correspond à 1607 heures (nombre d’heures de travail de référence pour le calcul de l’alimentation sur l’année) ou à la durée conventionnelle de travail si un accord de branche ou d’entreprise prévoit une durée dérogatoire.

Le saviez-vous ?

Les salariés pourront compléter, grâce au compte d’engagement citoyen (CEC), le nombre d’heures de formation disponibles afin de financer une formation. L’utilisation des heures du CEC n’est possible que pour compléter un nombre insuffisant d’heures acquis au titre du CPF (concrètement, le salarié devra préalablement avoir utilisé l’intégralité de ses heures disponibles au titre du CPF avant de pouvoir mobiliser ses heures créditées sur le CEC).

Un crédit plus important pour certains salariés. Depuis le 1er janvier 2017, les salariés qui n’ont pas atteint un niveau de formation sanctionné par un diplôme de niveau V (BEP/CAP), ou un titre professionnel classé au niveau V du répertoire national des certifications professionnelles, ou une certification reconnue par une convention collective nationale de branche, le compte personnel de formation est alimenté à hauteur de 48 heures par an et le plafond est relevé à 400 heures. Il leur appartiendra alors de déclarer, à la Caisse des dépôts et consignations, qu’ils remplissent les conditions requises.

Pour les salariés à temps partiel. L’alimentation du compte doit alors être proratisée. Il en sera de même si le salarié n’a pas été présent l’année complète. Toutefois, une convention de branche ou un accord d’entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables aux salariés. Dans ce cas, le montant forfaitaire pour le calcul de la somme due par l’entreprise pour l’alimentation des CPF de ces salariés ne peut être inférieur à 13 €.

A noter. S’il résulte du calcul proratisé un nombre d’heures de formation comportant une décimale, vous devrez arrondir ce chiffre au nombre entier immédiatement supérieur.

Forfait jours. Si des salariés sont en forfait jours, le nombre d’heure de travail de référence à retenir pour le calcul de l’alimentation du CPF est égal à 1607 heures.

Cas particulier. Enfin, pour les salariés dont la rémunération n’est pas établie en fonction d’un horaire de travail, le montant de référence pour le calcul de l’alimentation du CPF est fixé à 2 080 fois le montant du Smic horaire. L’alimentation du compte de ces salariés est ensuite calculée au prorata du rapport entre la rémunération effective perçue et ce montant de référence.

Le saviez-vous ?

Dans tous les cas, vous devrez informer votre OPCA, avant le 1er mars de chaque année, de la durée de travail applicable à vos salariés.

Gérer les absences. Les périodes d’absence de votre salarié doivent intégralement être prises en compte pour le calcul des heures au titre du CPF. Sont prises en comptes les périodes d’absences suivantes :

le congé de paternité et d’accueil de l’enfant,le congé d’adoption,le congé de présence parentale,le congé de proche aidant,le congé parental d’éducation,la maladie professionnelle et l’accident du travail.

Des heures en plus ? Vous pourrez, dans un 1er temps, faire des abondements complémentaires de votre propre initiative sur le CPF de vos salariés (notamment à leur demande si la durée de la formation souhaitée est supérieure au nombre d’heures inscrites sur le compte). Mais, dans certains cas, vous serez dans l’obligation de le faire.

Un abondement correctif. Si vous employez au moins 50 salariés, ceux qui n’auront pas bénéficié, au cours des 6 dernières années, d’entretiens professionnels et d’au moins 2 des 3 mesures d’évolution professionnelle (voir notre fiche Gérer l’entretien professionnel) auront droit à un crédit de 100 heures supplémentaires (130 heures pour les salariés à temps partiel). Dans ce cas, vous devrez verser à votre OPCA un montant égal à ce nombre d’heures multiplié par un montant forfaitaire de 30 € (une information de votre OPCA sera également nécessaire avant le 1er mars de chaque année (attention : à défaut de versement, vous risquez une majoration de 100 %).

Abondement spécifique. Depuis le 24 septembre 2017, les entreprises peuvent négocier avec leur(s) délégué(s) syndical(aux) un accord d’entreprise destiné à répondre aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise ou en vue de préserver, ou de développer l’emploi. Cet accord, valablement conclu, se substitue aux contrats de travail mais les salariés peuvent refuser la modification qui en résulte. Dans ce cas, ils peuvent être licenciés pour cause réelle et sérieuse mais l’employeur devra :

abonder leur compte personnel de formation de 100 heures au minimum ;verser à son organisme paritaire collecteur agréé (Opca) la somme de 30 € par heure.

A noter. Notez en outre qu’un accord collectif peut également prévoir des abondements supplémentaires du CPF.

Un abondement par l’Etat. Il est prévu que l’Etat verse, dès novembre 2020, un abondement correspondant à 100 % du reste à charge d’un dossier de formation mobilisé dans le cadre d’un compte personnel de formation (CPF), si ces formations portent sur des secteurs stratégiques, que sont :

le numérique,la transition écologique,les secteurs industriels concernés par l’enjeu de souveraineté économique et de relocalisation de productions.

A retenir

Le nouveau CPF est une mini-révolution : il n’attache plus de droit au contrat de travail du salarié comme le faisait le DIF précédemment, mais il instaure des droits à la personne elle-même. Avec ce changement de philosophie, c’est également un changement de pratique que vous devrez opérer dans votre entreprise.

J’ai entendu dire

Si un salarié n’utilise pas ces droits issus de l’ancien DIF, il paraît que ceux-ci ne seront plus mobilisables. Est-ce vrai ?

Oui et non. Comme nous vous l’expliquions ci-dessus, les heures acquises au titre du droit individuel à la formation au 31 décembre 2014 doivent être transférées sur le compte personnel de formation à compter du 1er janvier 2015. Mais la monétisation du CPF (et la conversion des heures de DIF en euros) a pérennisé ces droits, jusqu’à leur mobilisation par leur titulaire.

Comment le salarié va-t-il pouvoir suivre les heures acquises dans le cadre de son compte personnel de formation ?

En pratique, le salarié va disposer d’un accès à son CPF via le site www.moncompteformation.gouv.fr. Sur ce site, une fois qu’il se sera inscrit (inscription possible à partir du 5 janvier 2015), il pourra connaître le nombre d’heures de formation qu’il a acquis au cours de l’année (l’alimentation du compte se fait via les informations transmises par l’entreprise dans le cadre de ses déclarations sociales), la liste des formations éligibles, le suivi de ses formations, etc. Notez que c’est à lui d’inscrire sur son compte l’éventuel reliquat d’heures de DIF non encore utilisé.

Sources

Articles L 6323-1 à L6323-23 du Code du TravailLoi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels (article 39)Loi n°2017-86 relative à l’égalité et à la citoyenneté du 27 janvier 2017 (article 66)Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, articles 1 et 8Ordonnance n° 2019-861 du 21 août 2019 visant à assurer la cohérence de diverses dispositions législatives avec la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, article 1Décret n° 2014-1119 du 2 octobre 2014 relatif aux listes de formations éligibles au titre du compte personnel de formationDécret n° 2014-1120 du 2 octobre 2014 relatif aux modalités d’alimentation et de mobilisation du compte personnel de formationDécret n° 2015-172 du 13 février 2015 relatif au socle de connaissances et de compétences professionnellesDécret n° 2016-1367 du 12 octobre 2016 relatif à la mise en œuvre du compte personnel d’activitéDécret n° 2017-273 du 2 mars 2017 relatif aux conditions d’éligibilité au compte personnel de formation des préparations à l’épreuve théorique du code de la route et à l’épreuve pratique du permis de conduireDécret n° 2017-1880 du 29 décembre 2017 relatif à l’abondement du compte personnel de formation des salariés licenciés suite au refus d’une modification du contrat de travail résultant de la négociation d’un accord d’entrepriseDécret n° 2018-1153 du 14 décembre 2018 relatif aux modalités de conversion des heures acquises au titre du compte personnel de formation en eurosDécret n° 2018-1256 du 27 décembre 2018 relatif à l’utilisation en droits à formation professionnelle des points acquis au titre du compte professionnel de prévention et au droit à formation professionnelle de certaines victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnellesDécret n° 2018-1329 du 28 décembre 2018 relatif aux montants et aux modalités d’alimentation du compte personnel de formationDécret n° 2018-1336 du 28 décembre 2018 relatif aux conditions de mobilisation du compte personnel de formation par le salariéDécret n° 2018-1338 du 28 décembre 2018 relatif aux formations éligibles au titre du compte personnel de formationDécret n° 2019-566 du 7 juin 2019 relatif à la majoration de l’alimentation du compte personnel de formation pour les salariés bénéficiaires de l’obligation d’emploiwww.moncompteactivité.gouv.frwww.moncompteformation.gouv.frDossier de Presse du Plan de Relance du 3 septembre 2020Décret n° 2020-1228 du 8 octobre 2020 portant modification des conditions d’éligibilité au compte personnel de formation des actions de formation dispensées aux créateurs ou repreneurs d’entreprisesMinistère du travail, Actualité du 25 mai 2021, Formation : vous avez jusqu’au 30 juin 2021 pour transférer vos heures de DIF sur votre compte personnel de formationNet-entreprises.fr, Actualité du 2 septembre 2021, Régularisation des droits Mon Compte Formation (MCF)Actualité du service public du 10 mars 2022 (arnaques au CPF)

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